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Fabrication d'une Harpe Celtique

par Catherine Boudiès

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1. Des essences différentes

2. Les problèmes de traction

3. Construction du corps sonore

4. Le renouveau de la fabrication

 

5. Trois parties

6. En résumé

7. Lexique

8. Bibliographie

 

1. Des essences différentes...

Au début , les facteurs utilisèrent le bois de merisier, certainement en raison de la facilité qu’il offre a se laisser travailler et aussi pour sa teinte agréable. Le noyer fut moins souvent utilisé. Le platane servit surtout pour les instruments peints ou laqués, le sycomore et l’érable pour ceux dont le corps était traité au verni naturel, le plus souvent les arbres fruitiers furent délaissés parce qu’il se laissent facilement attaquer par les xylophages, aussi bien sur pied qu’après leur façonnage. La table décorée ou non était faite de résineux : épicéa, spruce, plus rarement séquoia.

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2. Les problèmes de tractions

Jusqu'à la fin du XVIIéme siècle, ces tables furent montées « en long », c’est–à-dire que le fil du bois était dirigé du bas vers le haut du corps sonore ; de plus, elles étaient plus ou moins bombées, un peu comme la table des violons, violoncelles et contrebasses. Ce mode de fabrication avait l’inconvénient de n’offrir aucune résistance sérieuse a la traction des cordes : manque de tension/manque de sonorité, d’autant plus que les tables étaient parfois fort épaisses. Les facteurs du XVIII éme siècle eurent l’idée d’utiliser le bois "en travers", cela obligeant à découper dans une bande de résineux des planches qui, petites en partant du haut de l’instrument, vont s’allongeant au fur et a mesure que le corps s’élargit vers le bas. Ces planches sont soigneusement collées sur chant les unes aux autres. Le bois offre alors une résistance plus grande, résistance accrue par la barre dite "contre-chevalet". On arrive ainsi, maintenant, a faire supporter une traction de près de deux tonnes au corps sonore.

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3. Construction du corps Sonore

Jusqu’au début du XIX éme siècle, les corps étaient fait de lattes. Celles-ci jointes les une aux autres, biseautées sur chant étaient parfois disposées sur un moule en dedans.

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Pièces diverses pour la harpe celtique; en haut à droite: moule en dedans

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Ce moule était constitué d’une tête de corps à son extrémité la plus fine, de plusieurs arceaux (trois sur l’image) et d’un châssis à la partie la plus large.

C’est sur le châssis que s’exerce toute la traction des cordes . Sur la figure la latte du centre est ouverte en trois endroits, ces ouvertures devant laisser passer le son. Dans les harpes anciennes , cette latte n’était pas ouverte ; en revanche la table était percée de trous. La latte centrale était posée en premier, on lui adjoignait trois lattes de chaque coté. Ainsi la plupart des corps étaient constitués de sept lattes. Certains facteurs en utilisaient un plus grande nombre…

Mais un autre processus mettait en œuvre un "moule en dehors".

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Moule en dehors pour la fabrication des corps sonores

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Le corps alors n’était pas muni d’arceau. Il comportait naturellement la tête-de-corps et le châssis, mais les lattes étaient assemblées par des taquets collés sur deux lattes, environ tous les dix centimètres et se chevauchant alternativement d’une latte à l’autre. Ce mode de renforcement est naturellement assez sommaire ; toutefois il exige une grande précision dans l’ajustage des angles et une grande minutie au moment du collage, car la contrepartie extérieure au corps doit épouser parfaitement ces angles des lattes.

4. Le renouveau de la fabrication

Un première harpe celtique fut façonnée en 1947 à l’atelier du collège de Harlech. Une centaines de harpes furent construites d’après les plans du manuel de Gildas Jaffrennou (né en 1908). Auteur du livre "Folks harps" édité en 1973.

Ce manuel de fabrication de harpes populaires, destiné aux ébénistes amateurs et professionnel, aux luthiers et aux harpeurs, comprend 4 plans de fabrication de quatre harpes :

- Petite harpe écossaise "Clarsach" (harpe Bardique);

- La harpe Celtique;

- La harpe Menestrel;

- La harpe Paraguayenne.

Cet ouvrage contient de nombreuses illustrations , des photographies et des plans cotés en mesure métrique qui permettent au facteur amateur de réaliser a peu de frais une harpe élégante et sonore.

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Harpe celtique 34 cordes

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5. Trois parties

Trois parties essentielles composant ces harpes :

- le corps sonore;

- La console;

- La colonne;

Le premier chapitre de l’ouvrage "Folk Harps" nous apprend qu’il existe trois méthodes de construction pour le corps sonore:

- Celle dite du "moule-en-dedans";

- Celle du "moule en dehors" ;

- Celle qui consiste a faire soi-même la coque en fibre de verre; on terminera par la pose des contre-éclisses, châssis, tête-de-corps, etc…

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6. En résumé

La méthode N°1 donne la liste de toutes les pièces de bois à tailler dans les essences indiquées pour la façon du corps sonore, renforcé par les arceaux à monter d’après les schémas fournis.

Le chapitre II traite de l’exécution de la console et de la colonne des quatre types de harpe. Il indique les modes de découpages et d’assemblage des bois, de leur finition, vernissage, perçage et de la réunion des trois parties principales.

Le repérage de l’emplacement et la pose des cordes, sillets et chevilles se trouvent dans les chapitres II, III, IV et VI. Quant aux chapitre V et VII, ils renseignent sur la façon de fabriquer, soi-même tous les accessoires tels que chevilles, sillets et demi-tons, soit en ce qui concerne ces derniers, par simple barre de métal recourbé, soit par leviers de divers modèles.

Quelque pages sont consacrées à la décoration Celte, tyrolienne ou bardique ainsi qu’a des motifs de sculptures pour les colonnes et les chapiteaux.

Le luthier devra se conformer aux instructions données pour repérer l’emplacement des cordes, le nombre de celle-ci variant de 30 à 38 ; il retiendra au passage tout un ensemble de renseignements sur les sujets les plus divers : manière de fabriquer une clé d’accord, principes élémentaires d’accompagnement et, naturellement, accord des divers modèles.

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7. Lexique

Montage des chevilles

(Photo Marc Brulé)

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1 - cheville;

2 - Sillet;

3 - Palette de demi-ton levée;

4 - Palette de demi-ton baissée;

5 - Contre-sillet.

Montage de la console sur la colonne via un couple tenon-mortaise

(Photo Alain Menez)

Collage de la caisse de résonance

(Photo Alain Menez)

 

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8. Bibliographie

- Jaffrenou Gildas "Folk harps" Kings Langley (Hertfordshire) Model and allied publications, 1973 – 103 p : ill

- André Emmanuel "La harpe" Précis Techniques 5 -Société d’Encouragement aux métiers d’Art. par Dessain et Tolra.

Textes : Catherine Boudiès d'après le site La Corde d'Argent.

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