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1.
Les origines sumériennes
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Les
plus anciennes représentations de la harpe viennent
de Mésopotamie et de la région de
la Mer Egée, sur des tablettes datant de 2800
avant J.C. Par harpe, on entend un instrument
dont les cordes viennent directement de la caisse de résonance,
et qui sont exposées des 2 côtés.
(Définition donnée par A. Kinnaird dans
son livre Tree of Strings). Ces représentations
sont en fait des lyres, dont les cordes, au lieu
de sortir verticalement de la caisse de résonance,
la parcourent horizontalement, comme sur la photo ci-contre.
La
lyre aurait été inventée par
les Sumériens vers 3200 avant J.C.
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2.
La harpe égyptienne
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Le
véritable ancêtre de la harpe est la harpe
ancienne égyptienne. On en trouve les premières
représentations à Thèbes vers
le 10e siècle avant J.C. Elles sont caractérisées
par l'absence de colonne droite sur le devant de
l'instrument, et par un imposant socle qui donne
à la harpe la résistance nécessaire
à l'extrême tension des cordes. Mr. Bruce,
de Kinnaird en Ecosse, nous rapporte que les musiciens
jouaient debout, sur des harpes totalisant en général
13 cordes (à priori 2 octaves complets). La caisse
de résonance devait être faite de 4 pièces
de bois, s'élargisssant vers le bas. Les dessins
ci-dessous, exécutés pour M. Bruce, nous
montrent des harpes à 13 ou 18 cordes.
Ces
cordes, peut-être faites de cheveux ou de fibres
végétales tressées, étaient
attachées au socle d'un côté, et au
bras supérieur de la harpe de l'autre côté,
par un noeud qu'il suffisait de modifier ou de tourner
pour accorder l'instrument.
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3.
La lyre grecque
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La
lyre était l'instrument national de la Grèce
antique. Dans la mythologie grecque, la lyre aurait
été inventée par Mercure, puis donnée
à Apollon. Le corps de l'instrument était
la carapace d'une tortue, et la lyre fut ainsi
appelée testudo par les Romains.
Diodorus Siculus, 45 avant J.C., lui donnait 3
ou 4 cordes.
Les
grecs étaient très protectionnistes
par rapport à leur morale et leur culture: la musique
devait être simple, et sans arrangements,
avec uniquement la mélodie. Terpander, en 671 ap.
J.C., donna 7 cordes à la lyre (comme dans
l'Hymne d'Homère à Mercure), mais
c'était le maximum tolérable. Un certain
Timotheus voulut augmenter ce chiffre à 11 cordes,
et fut banni par l'Etat Sparte pour avoir innové,
ce qui était contraire à la simplicité
nationale!
Sur
le dessin ci-contre, la femme joue en l'honneur de la
Déesse posée sur le piédestal
en arrière-plan. Le dessin juste en-dessous possède
7 cordes, ce qui lui donne une signification astrologique.
C'est, selon la légende, la même que celle
d'Orphée.
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La
harpe ci-contre est celle de Pythagore, et possède
la forme d'un tripode. Elle est construite comme
un tabouret qui peut tourner sur lui-même; les cordes
sont fixées à des pièces de bois, placées
entre les pieds du "tabouret", avec des chevilles
pour consolider le tout et maintenir l'écartement.
La forme arrondie sur le dessus de l'instrument sert à
la fois d'ornement et pour diffuser le son. Pythagore s'en
servait comme avec 3 lyres, en jouant une mesure
sur chaque intervalle de cordes, et en faisant à
chaque fois tourner l'instrument avec son pied tout en déplaçant
rapidement la main vers l'autre côté. |

4.
Autres harpes antiques
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La
harpe ci-contre est supposée être celle de
l'Empereur Alexandre. |
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Cette
harpe est celle de David jouant pour le Roi Saul.
Elle est appelée Kinnor en hébreu,
et vient des harpes égyptiennes. Elle possède
10 cordes, et sa petite taille permettait
de danser pendant les fêtes religieuses. |
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Ces
harpes triangulaires sont perses, mais ont aujourd'hui
totalement disparu du patrimoine de cette région. |

5.
Le Crwth
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Le
crwth (crowde, ou cruit en Gaëlique)
est considéré à la fois comme l'ancêtre
de la harpe et du violon, car certaines gravures
le représentent avec un musicien utilisant une sorte
d'archer qu'il fait glisser sur les cordes. Le crwth est
à priori une invention britannique du Ve siècle,
largement adoptée par l'ensemble des tribus celtes.
Les bardes les plus anciens, décrits au VIIe s.
sous le règne du Roi brittanique Cadwallder,
les utilisaient très largement. Ils servaient d'accompagnement
ténor de la harpe pendant les fêtes. |

6.
La naissance de la Harpe Irlandaise
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La
harpe Irlandaise tient son origine des harpes égyptiennes.
La
première harpe de transition, appelée theca,
vit son socle inférieur disparaître,
comme sur le dessin ci-contre.
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Puis
la forme triangulaire apparut, ajoutant une colonne
verticale à l'instrument (2e dessin). |
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Les
premières harpes irlandaises apparurent au Ve
s., et étaient de forme plutôt ramassée.
L' angle entre la colonne verticale et la console
horizontale était auparavant aigu, il devint
oblique, donnant à la harpe une courbure
parfaite, basée sur des principes harmoniques de
juste proportion de cordes.
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Il
existait ainsi, sous le règne de Henri II, 3 sortes
de harpes:
-
la clairseach, à cordes métal (30
cordes), douce et apaisante;
-
la keirnine, ou petite harpe, utilisée pour
jouer des airs vifs et rapides;
-
le cruit, qui accompagnait la
harpe.
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La
Harpe exposée au Trinity College, à
Dublin, est la plus ancienne conservée à
ce jour. Elle nous viendrait directement du Roi Brian
Boiromhe, ou Boru, roi d'Irlande tué
au combat contre les Danes, à Clontarf, près
de Dublin, en 1014.
Elle
possède une seule rangée de 30 cordes.
La table est en chêne, la colonne et la console
en saule rouge; la console est plaquée d'argent
et de pierreries, et la harpe possède les armoiries
de la famille Boru (une main ensanglantée supportée
par des lions).
Cette
harpe se jouait avec les ongles longs, taillés
pour imiter les pennes (partie dure d'une plume) utilisés
pour les instruments à cordes frappées.
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La
Harpe Irlandaise type se tenait comme sur le dessin ci-contre,
datée du XIIIe s, et appelée la Harpe
Calédonienne. C'est une harpe portative,
placée sur les genoux, qui se joue à
2 mains et possède 14 cordes. C'est
la même que la harpe Irlandaise actuelle.
En
1380, une charte de Ménestrels éditée
à Tedbury, dans le Staffordshire, par le roi de
Castile et Leon, John de Gaunt, parle d'une harpe à
25 cordes.
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7.
La Harpe Galloise
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La
harpe galloise possédait à l'origine
une seule rangée de 9 cordes, en boyau
ou en crins finement tressés. Plus tard,
elle adopta 2, puis 3 rangées de cordes,
avec jusqu'à 98 cordes réparties
en 5 octaves + 1 note.
L'une
des versions décrites montre la rangée de
droite avec 36 cordes, la rangée de gauche avec
26 cordes, et la rangée du milieu, qui servait
pour les demi-tons( dièses et bémols),
comptait 35 cordes (soit un total de 97 cordes).
Les
cordes provenaient de trous répartis en quinconce
sur la table, ce qui permettait d'atteindre les cordes
du milieu pour jouer les altérations. Il est à
présent certain que la harpe galloise fut importée
vers 1135 par un corps de bardes Irlandais.
La harpe ci-dessous est l'oeuvre du luthier Alun
Thomas, et montre bien la triple rangée de
cordes.
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8.
Les bardes des temps anciens
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La
plus ancienne trace que l'on a des bardes celtes vient
du VIIe s. Les musiciens étaient alors attachés
aux Nobles, portaient leur livrée (souvent
des vêtements somptueux), et jouaient même
dans la chambre de leur maître le soir pour les
endormir.
Au
XIe s, apparurent 3 castes de bardes : les poètes,
qui jouaient de la harpe; les héraults,
qui jouaient du crwth en accompagnant la harpe;
et les musiciens, qui chantaient sur la
harpe jouée par les poètes.
Une
anecdote rapporte qu'en 1130, un musicien se fit fort
de diriger les émotions du Roi Ericus, roi
du Danemark, à sa guise. Le Roi, après avoir
été ému, devient si colérique
qu'il gifla plusieurs de ses proches, ce dont il se désola
une fois qu'il eut recouvré ses esprits! La légende
raconte que les bardes pouvaient se dresser entre 2 armées
sur un champ de bataille, et à force d'éloquence,
mettre un terme à la guerre.
Lors
de la christianisation, les conflits entre bardes
et ecclésiastiques, jaloux du pouvoir des bardes,
augmentèrent. Les bardes ne devaient jouer le dimanche
que des chants religieux, et ne pouvaient chanter
l'amour et la guerre que les autres jours de
la semaine.
Au
XIVe s., les chartes ou guildes régissant
le statut de barde ou ménestrel se
généralisèrent, car le pouvoir des
bardes était tel que nombre de brigands s'en servaient
pour s'introduire chez les Nobles maisons et les abuser.
A
la fin du XVIe s, au cours de la 39e année
du règne d'Elizabeth, les ménestrels
"errants" furent pourchassés au
même titre que les mendiants et les vagabonds. Ceci
mit un terme à la profession et amorça le
déclin de la harpe celtique.
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9.
Le rassemblement de Belfast
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En
avril 1792, fut organisé le premier "Belfast
Harp Festival", afin d'encourager la diffusion
de la harpe celtique, de préserver sa musique et
sa poésie pour la postérité, et d'enrayer
le déclin amorcé au XVIe s.
11
harpeurs répondirent à l'appel, 10 Irlandais
et 1 harpeur du Pays de Galles: Dennis Hempson
(97 ans), Arthur O'Neill (58), Rose Mooney (52),
Daniel Black (75), Hugh Higgins (55), Patrick Quin (47),
Charles Fanning (56), Charles Byrne (80), James Duncan
(45), William Carr (15) et Williams the Welshman. La plupart
étaient âgés et aveugles, mais ils
représentaient la quintessence de l'art de la harpe
à cette époque. Pendant 3 jours,
ils jouèrent, et un jeune homme nommé Edward
Bunting passa parmi eux pour noter le plus fidèlement
possible leur répertoire. Des prix furent ensuite
accordés aux plus méritants d'entre eux.
Ce
rassemblement fut le dernier du genre, et la source majeure
du répertoire actuel de musique ancienne irlandaise.
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Références
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-
The ancient music of Ireland - The Bunting collection
- éditions
Waltons - ISBN 1857201396
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| - www.celticharper.com |
| Tous
les dessins sont extraits de The Bunting collection,
avec l'aimable autorisation des éditions Waltons. |

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