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1.
Introduction: la harpe celtique et son utilisation dans le répertoire
breton
N1.
Dans un premier temps, afin de comprendre les origines, tant physiques
que l' utilisation musicale de cet instrument, curieusement, il
vous faudra voyager à travers le monde, de l' Égypte
à l' Irlande, en passant par plusieurs pays en Europe,
avec un détour au Venezuela, tout comme il vous faudra
voyager à travers le temps, depuis l' aube de la civilisation,
à l' Europe médiévale, renaissance ou baroque
.
Dans
un deuxième temps, nous expliquerons la naissance de la
harpe celtique jusqu' au mouvement du renouveau de la harpe en
Bretagne il y a un ½ siècle.
Dans
un troisième temps, nous parlerons de la place de la harpe
dans la musique Bretonne depuis le renouveau: sa facilité
à exprimer les complaintes ( gwerziou ) et la musique religieuse,
sa difficulté à trouver la reconnaissance des danseurs
dans la musique à danser .
Ce
dernier point ouvre l' univers qu' il nous reste à explorer
en matière de technique de jeux à la harpe, ainsi
que la création de nouveaux concepts physiques pour la
harpe.

2.
Première partie: les origines
Morphologie
de la harpe celtique:
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-
des cordes tendues;
-
perpendiculaires à une caisse de résonance;
-
une forme triangulaire;
-
une colonne courbée;
-
une console courbée;
-
des crochets ou clapets ou encore demi-tons.
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Du
début de la civilisation jusq' au 15ème siècle,
toute recherche sur l' origine et l' historique de la harpe ne
se repose que sur l' iconographie ( à l' exception d' une
pièce d' origine exposée au musée du Louvres
), avec tout ce que cela comporte comme imprécision de
la part de l' artiste, tant par souci esthétique ou préoccupations
symboliques que par ignorance des morphologies des instruments
de musique. Ainsi toute supposition décrite ciaprès
dans cette partie de la conférence, s' appuie sur des iconographies
qui, certes nous renseignent beaucoup, mais nous laissent également
remplis d' incertitudes.
Avant
le 10ème siècle, il est difficile de se reposer
sur des textes anciens, dont la traduction de « cruit ,
crot , lyra , cithara , hearpe » depuis leur langue d' origine
ont été traduis par « harpe » en langue
moderne, sans que l' on ait la certitude que cela corresponde
à un instrument triangulaire aux cordes perpendiculaires
à la caisse de résonance. Aucun de ces textes ne
décrit la morphologie de l' instrument désigné
par ces mots.
De
même, nous écarterons toute référence
à des iconographies représentant des lyres, étant
un instrument aux cordes parallèles à la caisse
de résonance, donc pas de la même famille ( voir
Histoire de la harpe celtique
).

Origine
des cordes tendus et de la caisse de résonance:
(
musique arc à bouche )
Dès
que l' homme a créé l' arc et ses flèches
pour chasser, il découvre le son qu' émet une corde
qui vibre. En accolant l' arc sur la bouche, orifice de notre
cavité naturelle qu' est notre cage thoracique, le son
se trouve amplifié.
(
musique kora )
En
rajoutant plusieurs cordes à cet arc et en juxtaposant
une cavité artificielle, faite d' éléments
naturels tel que bois, écorce dur de fruit ou peau de bête
tendue, se trouve ainsi créé l' ancêtre de
la harpe. Les iconographies mésopotamiennes datant de 3500
ans avant JC sont les plus anciennes en notre possession, attestant
déjà de l' existence de cet instrument. On le retrouve
dans l' iconographie égyptienne en 2500 avant JC, portant
le nom de « Benet », qui s' apparente à celui
de l' oiseau fabuleux « benou » N2
. Nous sommes là dans la famille des harpes dites «
arquées », que l' on retrouve aujourd'hui dans toute
l' Afrique sous diverses formes ( ma harpe africaine ) et N3
( joueur de kora ).

Origine
de la forme triangulaire : ( musique Stin Arhi
)
La
partie Est du bassin méditerranéen semble être
le lieu de provenance de la première « harpe »
de forme triangulaire, bien que nous soyons encore loin de la
forme triangulaire que nous connaissons: l' élément
le plus ancien l' attestant est la statuette trouvée dans
l' archipel des Cyclades datant de 2500 avant JC, exposée
au musée national d' Athènes N4.
Certes nous sommes dans la région des ancêtres des
Grecs, mais on ne retrouve aucune trace iconographique de cet
instrument à l' époque de la Grèce antique,
période qui semble vouloir favoriser la lyre. De même
la musique traditionnelle Grecque d' aujourd'hui, bien que très
vivante, n' est pas du tout jouée à la harpe. Pourtant
les sons des instruments traditionnels Grecs ( le bouzouki par
exemple, autre lien troublant entre la Grèce et les pays
celtiques ) se marient bien avec celui de la harpe, tout comme
les airs traditionnels Grecs sonnent bien sur la harpe,ainsi que
l' atteste le travail de la harpiste Grecque Elisa Vellianiti
.
En hommage à cette statuette qui constitue un symbole de
référence historique pour les harpistes, je vais
vous interpréter un 7/8 traditionnel Grec que Elisa m'
a appris, « Ti Thalassa Ti Yalani ».
Vers
1500 avant JC, la forme se précise vers un triangle plus
prononcé avec cette harpe mésopotamienne et que
l'on retrouve également dans l' Egypte ancienne. Cette
harpe est exposée au musée du Louvres N5
et 6. Au 9ème siècle, une enluminure du monastère
de Saint-Gall en Suisse représente David jouant de la harpe
sur une harpe triangulaire ayant la même particularité
que les 2 précédentes: elles n' ont toutes pas de
colonne N7. Peut-on en déduire
que cette harpe triangulaire sans colonne aurait voyagé
du sud-est méditerranéen pour se développer
également en Europe entre 1500 avant JC et le 9ème
siècle? On trouve toutefois, mais très rarement,
des harpes avec colonne dans la Grèce antique, telle celle
de cette iconographie datant de 500 avant JC N8.

Origine
de la colonne : ( musique Mc Phee )
L'
apport essentiel de l' Europe à la harpe est l' invention
de la colonne ( affirmation à prendre avec précaution,
la statuette du Kéros faisant exception. Mes lectures m'
ont également amenées sur un texte mentionnant une
colonne sur une harpe syrienne datant de 900 av JC, mais aucune
illustration ne venait le prouver ). La harpe triangulaire sans
colonne du sud-est de la Méditerranée se répandant
vers nos contrées se retrouve confrontée, selon
Yves d' Arcizas, facteur de harpes médiévales, aux
conditions climatiques et hygrométriques, imposant aux
luthiers de rajouter cette pièce pour stabiliser l' instrument.
Les preuves picturales permettent de dater son apparition aux
environs du 9ème siècle dans le nord de l' Écosse,
ou du moins dans le nord-ouest de l' Europe, avec les harpes de
Dupplin Castle ou de la croix de Nigg N9
et 10 gravées dans la pierre à cette époque
par les Pictes. Leur colonne est encore plutôt droite. Il
est intéressent de savoir qu' en Irlande, les sculpteurs
de pierre de cette époque représentaient encore
des instruments de formes quadrangulaires qui se rapprochaient
plus de la lyre, comme celle de la croix de Casteldermot N11.

Courbure
de la colonne et de la console: (
musique lamentation d Yseult )
La
harpe va prendre un essor considérable durant toute la
période médiévale, de l' Irlande à
l' Espagne et l' Italie et de la Bretagne à l' Autriche.
Les iconographies sont multiples: enluminures N12,
tympan déglise N13,
triptyques, vitraux N14 ou encore
tapisseries. Elle était utilisée tant dans la musique
populaire que la musique de cour. De pièces droites au
début, la colonne et la console vont se courber dès
le 11ème siècle. Plus que par simple but esthétique,
les raisons techniques attestent d' un savoir-faire étonnant
de la part de nos ancêtres. En effet, la courbure de la
console permet une diminution des longueurs vibrantes dans les
mediums, celle de la colonne apporte une élasticité.
Toutes deux vont contribuer à une amélioration du
rendu sonore. Vers le 13ème siècle, apparaît
la différenciation de 2 types de harpes: une harpe en Europe
continentale ( englobant l' Angleterre et le Pays de Galles ),
qui tendra vers la harpe appelée gothique à la fin
du moyen-age, et une harpe en Irlande et Écosse appelée
harpe gaélique ou Clàrsach. La différence
vient essentiellement de la conception de la caisse de résonance
et des cordes.
(
Musique harpe à harpions )

La
1ère a sa caisse de résonance réalisée
à partir de 2 planches de bois creusées et réunies
par collage sur leurs bords et a ses cordes bien souvent en boyaux
(voir Fabrication de la harpe).
Son faible nouveau sonore s' apparentant au luth sera renforcé
par de petites pièces de bois placées à la
base de chaque corde et de la caisse de résonance, faisant
ainsi friser les cordes et appelés harpions. Il est intéressant
de noter que le nom harpe vient du germanique « harpha »,
langue où le verbe « harfenieren » signifie
encore aujourd' hui « nasarder ». Cela ne viendrait-il
pas de ce bruit généré par ces harpions?
La place de cette harpe en Bretagne fût souvent décrite
dans les lais, poèmes narratifs en breton de cette époque.
Voici une harpe représentée sur le tympan de Saint
Jacques de Compostelle (12ème siècle) N15.
En hommage à cette harpe, cette époque et ce lieu
de pèlerinage, je vais vous interpréter un cantiga
de Santa Maria, tiré d' un recueil de 400 mélodies
jouées par les musiciens de passage à la cour d'
Alphonse X le sage, roi de Castille et du Léon en Espagne
au 13ème siècle.
(
musique Hempson )

La
2ème a sa caisse de résonance creusée d'
une seule pièce de tronc de saule bien souvent, l' assemblage
colonne console - caisse de résonance est assuré
sans collage par tenons mortaises et les cordes sont en
métal. Les cordes se jouent avec les ongles, leur résonance
s' apparentant à celle de cloche, exigeant une technique
d' étouffés bien particulière. Voici celle
exposée au Trinity College Library à Dublin, datant
du 15ème siècle et associée par erreur à
Brian Boru, roi d Irlande au 10ème siècle
N16. Cet instrument atteindra son
apogée au 15ème siècle, tant dans son développement
technique que par la popularité de ses harpistes à
travers les cours d' Europe. Ils jouissaient d' une haute place
sociale dans l' ancienne société gaélique,
mais ils souffriront de la politique de désagrégation
de cette société, entreprise par les anglais au
17ème siècle. Ces harpistes deviendront itinérants
et seront les ultimes derniers représentants de cette tradition
gaélique lors de la fête organisée en leur
honneur à Belfast en 1792. Cet événement
sera moteur et précurseur à un mouvement revivaliste
dans la 1ère moitié du 19ème siècle,
empêchant cette tradition musicale de tomber définitivement
dans l' oubli.

Origine
des demi-tons
N17
En introduction à ce chapitre, vous allez devoir danser
sur le bransle des lavandières, un bransle étant
une danse renaissance dont les pas rappellent étrangement
certaines danses bretonnes.
(
musique Paradetas )
Il
faut revenir à la harpe gothique en Europe continentale
et la faire évoluer au travers de la période renaissance
et baroque pour expliquer la venue des demi-tons. Jusqu' au 14ème
siècle la harpe comme la musique est entièrement
modale, mais à la recherche de nouveaux sons, la musique
évolue vers des mélodies de plus en plus chromatiques.
Au 15ème siècle, les facteurs construiront des harpes
à 8 notes par octave avec une corde pour le Si? et une
autre pour le Si. À la fin du 16ème siècle,
le facteur florentin Vincenzo Galileï, père du célèbre
homme du même nom, va inventer la harpe double, concept
qui se verra également appliqué à la harpe
gaélique. Au début du 17ème siècle,
un facteur de Bologne inventera la harpe triple avec une rangée
de notes altérées au centre et une rangée
de notes non altérées à droite dans les aigus
et à gauche dans les graves. L' Italie fut donc le lieu
de naissance de cette harpe, mais le Pays de Galles, autre pays
celtique, sera le théâtre de son plus grand rayonnement
où elle est maintenant associée à son patrimoine
traditionnel N18. À la même
période, les espagnols inventeront la harpe double à
cordes croisées. Le son parasite des harpions ne sera plus
utilisé, considéré d' un goût détestable
pour une musique, qui est à la recherche d' un son de plus
en plus suave et épuré en ce début de lépoque
baroque.

(
musique San Raphaël )
Du
15ème siècle au 17ème siècle, la harpe
va grandir et grossir afin de développer le son dans les
basses, tant pour la harpe gaélique N19,
passant de 85cm à 1m70 mais en gardant toujours son concept
de caisse de résonance creusée d' une seule pièce,
que pour la harpe continentale N20
atteignant jusqu' à 2m de haut. Au début du 16ème,
les espagnols vont élargir la caisse de résonance
dans les basses et développer une technique d' assemblage
de la caisse, s' apparentant à la fabrication de caisse
de luth, utilisant de fins morceaux de bois collés. L'
instrument sera de plus en plus prisé pour de l' accompagnement,
les harpistes développant un jeu virtuose de basse continue.
C' est à cette période, mais avant l' apparition
des harpes doubles, que cette harpe partira avec les conquistadors
en Amérique latine. Elle subira là-bas peu de modification
par la suite et donne une bonne idée de l' aspect qu' avait
les harpes en Espagne à la renaissance N21.
Ils amèneront également ce jeu plus axé sur
de l' accompagnement virtuose. Servant à accompagner le
chanteur et renforcer harmoniquement et rythmiquement par le quatro
et les maracas, la main gauche est très fournie et active,
utilisant beaucoup de notes étouffées et d' accords
brisés immédiatement étouffés, la
main droite constamment en contre-temps de la main gauche, le
tout donnant un effet guitare rythmique ou dun cheval au
galop fort intéressant.
En démonstration, je vais vous interpréter un air
vénézuélien « Puerto Miranda ».
(
musique Debussy )

A
la fin du 17ème siècle, à la fleur de l'
âge de la harpe triple , un ingénieur tyrolien invente
un système de crochet positionné en haut de la corde,
diminuant la corde d' 1/16 de sa longueur et élevant ainsi
la note d' un ½ ton. Le système du demi-ton était
ainsi né. Rebondissant rapidement sur le concept, dès
le début du 18ème siècle, un facteur bavarois
inventa un mécanisme ingénieux permettant d' actionner
ces demi-tons par des pédales, chaque pédale étant
reliée à la mécanique par une tringle passant
à l' intérieur de la colonne, l' obligeant à
perdre sa courbure. Ce système sera perfectionné
par l' alsacien Erard au début du 19ème siècle
lors d' un passage de sa vie à Londres, créant ainsi
la harpe à double mouvement ou harpe de concert de nos
orchestres d' aujourd'hui. Le système d' actionner les
demi-tons individuellement à la main n' a eut que temporairement
une courte durée de vie. Mais pourtant ...

3.
Deuxième partie: Naissance de la harpe celtique
Les
précurseurs : ( musique Laoise Kelly )
Nous
différencions donc bien la harpe celtique de la harpe gaélique.
La harpe celtique possède les caractéristiques de
la grande harpe à pédales: une caisse de résonance
collée à une table d' harmonie, des cordes en boyau
et un mécanisme permettant le chromatisme. Elle ne possède
de la harpe gaélique ou de la harpe médiévale
du 12ème siècle que la forme. Au début du
19ème siècle, la harpe celtique n' existait pas
encore. Comme nous l' avons dit précédemment, la
désagrégation de la culture gaélique et galloise
par les anglais au 17ème/18ème siècle a poussé
les harpistes à jouer de la musique en vogue à cette
époque devant un auditoire issue de la bourgeoisie. A la
recherche d une identité culturelle perdue , le
19ème siècle vit un intérêt grandissant
pour ces cultures auprès des romantiques, amenant un renouveau
de leur langue et de leur musique. Dans cette mouvance, au début
de ce siècle, un facteur de harpe irlandais John Egan,
spécialiste en harpe à pédales, créa
la « Royal Portable » N22.
Décrite comme « la nouvelle harpe irlandaise améliorée
portative crée par John Egan, facteur de harpe à
pédale » dans ses publicités, elle était
destinée aux harpistes de harpe à pédales
cherchant à jouer des mélodies irlandaises dans
le flot de ce renouveau. Il existait 3 modèles. Le 1er
était sans demi-ton, le 2nd avec des demi-tons à
chaque corde actionnable à la main, reprenant le concept
de l' ingénieur tyrolien. Ces demi-tons n' étaient
pas de sa conception, mais la facture d' un dénommé
Walton. Le 3ème avait un système à simple
mouvement constitué de fourchette à chaque corde
actionnée, non pas au pied par 7 pédales, mais à
la main par 7 palettes situées sur la colonne. Pour la
petite histoire, il paraîtrait qu' il inventa dabord
ce système sur une harpe à pédales pour une
harpiste qui perdit l' usage de ses jambes lors d' un accident.
Ce système était rêvé pour sa nouvelle
harpe qu' il voulait portative. Elle eut beaucoup de succès,
amenant d' autres facteurs de harpe ( Morley, Haarnacks, McFall,
Briggs ) à construire des modèles similaires sur
l' Angleterre, l' Irlande et l' Écosse, malgré un
ralentissement certain dans la 2ème moitié du 19ème
siècle. Quelque que soit les modèles inventés,
l' idée de fondre les techniques des harpes gaéliques
aux harpes continentales ou vice-versa était lancée
( par exemple on trouvera des harpes gaéliques avec des
demi-tons ). Ces facteurs les appellerons harpes irlandaises ou
harpes à leviers ( lever harps ). Nos harpes celtiques
actuelles sont donc issues du modèle d' Egan, bien qu'
il faille encore attendre plus de 100 ans pour la voir affublée
de cette adjectif.

Le
renouveau breton : ( musique renaissance de la harpe celtique
)
1952
est une autre date charnière pour la naissance de la harpe
celtique. Avec la désagrégation de la langue bretonne
par l' école de Jules Ferry, la Bretagne se retrouve dans
la 1ère moitié du 20ème siècle en
pleine crise didentité culturelle. En réaction,
les bretons chercherontà faire revivre des éléments
de leur culture permettant d' attester l' origine celte de leur
langue, une langue qu' on leur demande de ne plus exprimer au
quotidien. Les écossais ont leur pipeband, les bretons
créeront leur bagad. Les écossais et irlandais ont
leur Ceilidhs, les bretons créeront leur fest-noz. Les
écossais et irlandais ont leur harpe gaélique, alors
pourquoi ne pas créer une harpe bretonne, se disent Gildas
Jaffrenou et Jorj Cochevelou. Les lais bretons médiévaux
ne font-ils pas l' éloge de leur harpiste?! S' inspirant
de la harpe Morley de Lily Laskine et de copies françaises
fabriquées par Martin, les 2 bretons s' attèlent
séparément à la tâche. Jorj Cochevelou
utilisera également ses connaissances en physique pour
élaborer ses plans. Les qualités sonores et le talent
de son fils Alan à jouer de cette instrument donneront
à Jorj Cochevelou le crédit de sa création
N23. Malgré une recherche
scientifique des sons propre à un homme breton d' origine
et une recherche esthétique des gravures du bois propre
à la culture bretonne, les concepts de cette harpe s' apparentaient
trop à celle de Egan ou des autres facteurs des îles
britannique pour lui donner l' adjectif « bretonne »,
c' est pourquoi il choisit l' adjectif celtique, permettant d'
unir les harpes de ses compatriotes d' outre-manche à la
sienne ou vice-versa. Il est intéressant de noter qu' à
lexception de Starfish, tous les autres facteurs outre-manche
emploient les termes « irish harp » ou « lever
harp » et non « celtic » pour leurs harpes.
Ce que Jorj Cochevelou a amené de nouveau à cette
harpe est donc un développement acoustique certain, un
nouvel adjectif, une nouvelle identité Bretonne. Et ça
marche, puisque l' avènement d' Alan Stivell dans les années
1960 N24, a fait se multiplier le
nombre de harpiste sur harpe celtique en Bretagne comme en France,
ce qui nous permet de nous retrouver ce soir nombreux autour de
cette instrument magique.

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